Surf et Yoga, indissociables
On associe bien souvent le surf au stéréotype du corps de plage bronzé, musclé et taillé au couteau. Par contre, surfer chaque jour comporte ses risques. Si l’on ne fait que surfer sans bien s’étirer par la suite, il s’en suivra inévitablement certaines conséquences. Par exemple, en associant surf et yoga, on atteint une meilleure récupération. Il sera ainsi possible d’enchaîner plusieurs jours de surf et ce, en réduisant les courbatures.
Nos muscles, de vaillants guerriers
Le mouvement le plus intense est celui de la nage ou plutôt de la rame. Nos bras s’alternent et poussent une forte résistance : le courant des vagues qui s’abat sur nous. Les grands dorsaux, les trapèzes et les deltoïdes se retrouvent alors tendus. Lorsqu’on nage, ce sont les pectoraux qui sont mis à profit et cela peut entraîner un rapprochement des épaules et même la cambrure progressive du haut du dos. La même chose pourrait se produire en escalade lors d’un entraînement mal équilibré. C’est aussi lors du «duck-dive» que les pectoraux sont le plus en demande. Les avant-bras et les triceps, eux, travaillent lorsque le bras est sous l’eau. Cela n’a l’air de rien, mais juste pour maintenir la planche sous le corps, tout celui-ci se crispe. Finalement, passé le mur de vagues, l’on croit enfin se reposer, mais aucunement. Pour tenir en équilibre sur l’eau, on enroule nos jambes autour de la planche, nos muscles se tendent et corps et esprit sont alors mandatés pour garder notre stabilité. De plus, le surfeur doit garder la tête bien haute pour voir où il va, cela va créer une forte tension dans le dos, au niveau du cou et des trapèzes. Tout le corps, maintenant tendu, des pieds à la tête en passant par les mollets, les fesses et le haut du dos n’attend qu’à être étiré et relâché.
C’est sans compter les muscles des épaules, des jambes et du tronc qui seront sollicités lorsqu’on se met debout sur la planche (take off). Évidemment, il n’y a pas de surf sans chute. En tombant, nous tentons de nous protéger des futurs impacts, crispés et refermés sur nous-même en retenant notre souffle et ce, quelques fois, trop longtemps. Nos muscles nous servent, comme de vaillants guerriers, pendant des heures. Et si lors d’une session magique, nous les avons utilisés jusqu’au bout, il faudra leur faire honneur en leur accordant au moins, une petite séance de yoga.
Et le yoga dans tout ça ?
On parle d’étirement, oui, mais aussi de relâchement. Rien ne nécessite une séance en force et retenue. On choisira des mouvements de souplesse et des enchaînements qui permettent au corps de se détendre. Quelques exemples de postures idéales après le surf : le chien tête en bas, la charrue, le triangle debout, la flexion avant avec extension des épaules et la torsion assisse. La salutation au soleil, un incontournable du yoga, est un enchaînement de postures et de respiration. Celle-ci est bénéfique, elle réchauffe le corps et l’esprit avant d’autres postures ou simplement avant une session de surf.
Des exemples concrets
D’ailleurs le yoga commence à se faire de plus en plus connaître chez les surfeurs. Si l’on écoute un DVD Yoga for happiness 2 the surf edition de Eoin Finn ou qu’on jette un coup d’œil au projet Surf into Yoga de Rochelle Ballard, cela nous donnera une bonne idée de l’importance de combiner les deux pratiques. Ici, à Montréal, l’école KSF a entamé en 2010 des cours de yoga sur Stand Up Paddle board (SUP). Ce printemps, KSF donnera des classes d’initiation au Festival plein air et voyage en collaboration avec POP YOGA. De plus, KSF offrira des cours tout l’été aux abords des rapides Lachine.
Et surtout à ne pas oublier !
Respirer. La respiration et la méditation aideront le surfeur à mieux se détendre dans les moments éprouvants du surf, ceux qui viennent remettre en question la vie ou simplement lorsque la tension monte dans le «line up». Il faudra alors étirer son corps mais aussi détendre son mental afin qu’il garde sa forme, sa flexibilité. Globalement, le yoga aidera aussi le surfeur à mieux connaître ses limites.
Texte : Kristine Choinière
Source photos: Hugo Lavictoire de KSF.






